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Sécheresse : la Corse-du-Sud en niveau d'alerte "renforcée"

07-06-2017
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Actualite Actualite Sécheresse : la Corse-du-Sud en niveau d'alerte "renforcée"
Vendredi dernier, le préfet de Corse-du-Sud déclenchait le niveau d'alerte défini dans le plan de gestion des épisodes de pénurie d'eau. Au-delà de l'information sur le gaspillage de la ressource et du suivi renforcé de la consommation, Bernard Schmeltz laissait alors entendre que des mesures restrictives pourraient être rapidement prises, après nouvelle consultation du comité sécheresse.

Réunie hier à la préfecture d'Ajaccio, l'instance regroupant de nombreux acteurs, professionnels et institutionnels - services de l'État, offices hydraulique, agricole et de l'environnement, Météo France, chambre d'agriculture, conseil départemental 2A, Dreal, BRGM, entre autres - a effectivement pris la mesure de "l'urgence" de la situation. Entraînant dans la foulée, la définition d'un projet d'arrêté préfectoral, dont l'entrée en vigueur devrait intervenir d'ici demain.

"L'état des lieux que nous avons effectué révèle une situation de sécheresse importante sur l'ensemble du département, a expliqué le préfet. Par rapport à l'an dernier, l'hiver a certes été plus pluvieux, mais les mois de mars, avril et mai ont été particulièrement secs, les déficits hydriques étant en moyenne de 60 %, voire de 70 % dans certains secteurs de l'extrême-sud de l'île."

Selon les données recueillies par la DDTM (direction des territoires et de la mer), l'intégralité du manteau neigeux alimentant la Corse-du-Sud a fondu, la plupart des nappes phréatiques étant en baisse ou en dessous de la normale. Un constat préoccupant, malgré le niveau de stockage satisfaisant des barrages, avec une réserve avoisinant les "100 millions de mètres cubes".

"Cet élément ne doit absolument pas faire baisser notre vigilance et notre responsabilisation qui doivent être extrêmes", a alerté Xavier Luciani, le président de l'office hydraulique. "Les effets du changement climatique frappent notre île et un réel sursaut s'impose à cet égard", a poursuivi le conseiller exécutif, qui a notamment mis l'accent sur la "surconsommation liée à la fréquentation estivale et aux résidences secondaires avec piscines, notamment dans le sud-est de l'île". Ou encore sur le rôle clef "des collectivités locales et des acteurs du monde agricole".

"Une coordination territoriale s'impose"

Une situation qui, de l'avis de tous, nécessite donc "une concertation et une coordination territoriale", une réunion similaire étant prévue à Bastia le 12 juin prochain. Mais aussi une "communication tous azimuts". Dans le cadre de l'arrêté préfectoral qui situe la Corse-du-Sud en niveau d'alerte "renforcée" - à savoir juste avant le niveau de situation de crise - des campagnes d'information et de sensibilisation du public seront menées, notamment par le biais des transporteurs aériens et maritimes.

Une démarche "pédagogique" avant d'éventuelles sanctions, le non-respect des mesures de restriction de l'usage de l'eau pouvant faire l'objet d'amendes de 5e catégorie - soit 1 500 euros, 3 000 euros en cas de récidive. "Sachant que le fait de se soustraire au contrôle ou de commettre d'autres infractions peut être considéré comme un délit et aller jusqu'à des peines d'emprisonnement", précise Toussaint Giorgi, policier de l'environnement au sein de l'agence française pour la biodiversité, chargé de veiller au respect de l'arrêté avec ses homologues de la gendarmerie, ou encore de la police de l'eau, entre autres.

Une tâche que ces différents services pourraient devoir mener jusqu'à la fin du mois d'octobre, date à laquelle l'arrêté devrait prendre fin. À moins qu'il n'ait été abrogé d'ici-là.


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